J'me trace à la montagne.
Snowboard intensif pendant trois jours
avec monsieur l'artiste et ses potes

Les temps ont changé,
je n'accepte plus tous les commentaires,
idem pour les invitations amis.
je décide de mes favoris.

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un coup de c½ur

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A savoir
On me surnomme Jude
J'ai bientôt dix-neuf ans.
Mon truc, c'est la musique.



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Concert à venir :

01/03/10 → 30 seconds to mars Forest national
12/03/10 → J. Dutronc Forest national
12/04/10 → Lostprophets Muziekcentrum Trix
26/06/10 → Indochine Paris Stade de France


+ Greenfield festival ou Werchter ?

# Posté le jeudi 06 août 2009 18:40

Modifié le dimanche 07 février 2010 16:12

It don't matter 'cause he's the only one

It don't matter 'cause he's the only one
Vous pourrez tout ce que vous voulez,
vos avis sur sa personne ne m'intéressent pas.
Détestez le si ça vous chante, je suis indifférente.
Il n'y que lui qui m'importe.
Je me fous de vous.


◦• Warum ? •◦


Parce qu'il sent le souffre, parce qu'il n'a même pas besoin de sa guitare pour vous foutre le grand frisson, il suffit d'un simple regard. Parce qu'il déchaine les passions et la haine mieux que personne, parce qu'il est unique. Parce qu'il vit la musique, parce que sa guitare c'est toute sa vie. Parce qu'il est intouchable, parce qu'il vit sur une autre planète. Parce qu'il revient de loin, parce qu'il y est arrivé. Parce que sa passion fait battre son c½ur. Parce que je survis grâce à lui.

Entre lui et vous, mon choix est vite fait

# Posté le vendredi 11 décembre 2009 18:36

Modifié le mercredi 13 janvier 2010 11:11

Prologue

Prologue
Ces cheveux blonds platines, cette façon de taper du pied sans arrêt. Ça ne pouvait être que elle.
Elle était là, juste devant moi, un anneau toujours accroché à la droite de sa lèvre inférieur. Durant douze ans, pas une seule fois je n'avais pensé à elle. Nos regards désabusés se sont croisés.
Do était de retour avec mon passé en guise de bagages.

# Posté le dimanche 03 janvier 2010 17:10

Modifié le mercredi 13 janvier 2010 15:21

Chapitre 1 : La première fois avec les yeux

Chapitre 1 : La première fois avec les yeux
" Qu'est-ce t'as toi ? Tu veux ma photo ? " Sa voix a raisonné dans mon crâne, j'ai baissé les yeux. Do n'avait pas pris une ride, le temps semblait l'avoir épargné. " Hé mais attends,ta gueule, elle me dit quelque chose " J'ai relevé la tête, mon c½ur s'est emballé sans vraiment que je sache pourquoi. Pendant douze ans, j'avais réussi à l'oublier, pourquoi n'en aurait-elle pas faut autant ? Contrairement à elle, j'avais changé et pas qu'un peu. " Mais si, ça y est. T'es un mec de ce groupe là " je lui souris. " Rammstein " murmurai-je " Rammstein voilà c'est ça ! " Le silence s'installa, Do fourra sa main dans la poche de son perfecto, je cru l'espace d'un instant qu'elle allait me demander de lui signer un truc mais je me suis très vite souvenu que ce n'était pas son genre. Tout à coup, elle se mit à jurer en balançant dangereusement les bras. " Un souci ? " osai-je timidement. " Ouais, j'ai pommé mes clopes, dis, t'en aurais pas par hasard ? " Je plongea ma main droite dans ma veste et lui tendit mon paquet de cigarette, Do se jeta dessus comme un chien sur os. " Merci mec, t'es sympa pour une star " s'écria t-elle, la cigarette coincée au bord des lèvres, je lui machinalement offert mon briquet et lui ai allumé sa cigarette. " De rien Do " ses yeux se sont écarquillés, elle m'a littéralement dévisagé. " Comment tu connais mon prénom ? " Le ton dur sur lequel elle me répondit me crispa, ses yeux ne me quittaient pas. " Tu te ne souviens vraiment pas de moi ? " afin de paraitre décontracté, je ne trouvai rien de mieux que sourire. " Non, je devrais ? On a couché ensemble ? " Je fus tenter de répondre oui mais Do ne m'en laissa pas le temps. " M'en veux pas mec, je me souviens rarement des mecs avec qui je couche ! " Décidément, cette fille était restée fidèle à ce qu'elle était autrefois. Tout le monde change excepté Do, les douze ans qui s'étaient écoulés ne l'avait ni fait évoluer ni fait régresser. C'est une brute, une jolie brute. Du haut de son petit mètre soixante-sept, cette femme ne reculait devant rien, pas même se battre avec un homme. Do était une véritable furie, un ouragan qui dévastait tout sur son passage. Ma timidité et moi admirions son culot. " Si je te dis Zven... " Sa cigarette s'est décrochée de sa mâchoire et a atterri sur le sol, ses grands yeux émeraudes se sont plongés dans les miens." Putain, merde " ses bras ont recommencé à s'agiter dans tous les sens,après avoir fait quelques tours sur elle, elle s'est plantée devant moi, droite comme un i. " J'me disais bien que ta gueule me disais quelque chose ! " cria-t-elle en me saisissant par le col. Sa bouche était à quelques centimètres seulement de la mienne, je crevais d'envie de l'embrasser, si je n'avais pas eu aussi peur de me prendre un de ces poings en pleine poire, je l'aurai fait. Elle n'avait jamais été une fille parmi tant d'autres. On ne peut pas dire que Do soit un canon de beauté, ce n'est pas son physique qui m'a plu, c'est son caractère qui m'a fait craqué. J'étais raide dingue de ses coups de sang et ça même lorsque c'était moi l'objet de sa colère, j'aimais tellement ça que je lui pardonnais le train de vie infernal qu'elle me menait et les cendriers qu'elle me balançait à la figure. Aucuns garçons avant moi n'avaient réussi à la supporter plus de deux semaines, peut-être étais-je un peu sadomasochiste ou amoureux ? Est-ce que j'ai aimé Do ? Cette question, je me la suis posée un bon milliard de fois sans jamais pouvoir trouver une réponse autre que peut-être. Cette scène avait un arrière goût de déjà vu, soudain je me suis souvenu que c'est comme ça que tout avait commencer.

1989, septembre

Ma rencontre avec Do, je la dois à la nicotine. C'est grâce à une cigarette que tout à démarré. C'est un dimanche que nos chemins se sont croisés pour la première fois, je revenais d'un weekend forcé à Schwerin. Ma mère fêtait son anniversaire, pour l'occasion, j'ai accepté à contre c½ur de rentrer à la maison. Ce séjour c'était relativement bien déroulé, il fut légèrement entaché par l'animosité qui m'animait à l'égare de mon beau-père. Nos relations avaient avaient toujours étaient compliquées, passer plus d'une journée sans affronter était un exploit. C'était comme ça depuis le début, aucun étions deux mâles dominant qui essayaient de prendre le pas sur l'autre sans y parvenir. Ce weekend n'avait pas dérogé à la règle, j'avais réussi à me contenir, à faire fit des habituelles provocation de mon beau-père jusqu'à ce qu'il s'attaque à mon avenir de guitariste. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase, à fois c'était pareille, la musique, c'était mon point sensible, il le savait. J'explosai et tentai de lui faire comprendre une énième fois que je mènerai comme je l'entendrai et pas autrement. Après cette altercation, passer vingt quatre heures de plus sous le même toi que cet homme devint impossible. Pour ne pas faire de peine à ma mère, je prétextai devoir remplacer un ami sur scène. C'était totalement faux, la seule chose qui m'attendait à Berlin, c'était mon minuscule appartement. Elle insista longuement pour que je reste mais en vain. Je pris le dernier train pour Berlin, les wagons étaient vide. L'idée de voyager seul me ravi, je n'avais envie de voir personne. Mes nerfs étaient encore à vif, une simple broutille aurait suffit à réveiller la rage qu'avait suscité les propos de mon beau-père. Je sentais encore la colère bouillir dans me ventre. Il faisait nuit noir lorsque le train est arrivé en gare de Berlin. Une fois le soleil, cette ville comme toute les grandes vides était envahie par les dealers, criminels et autres personnes mal intentionnées. J'avais l'habitude de sortir la nuit, je savais que durant les dix minutes qui séparait la gare de mon immeuble il me faudrait faire preuve de prudence. " Surtout, la nuit t'arrêtes jamais de marcher, c'est la meilleure façon de se faire choper " c'est le premier conseil que Till m'avait donné lorsque j'étais arrivé de Schwerin. Personnellement, il ne m'étais jamais rien arrivé, toutefois, la page fait divers des quotidiens Berlinois était rempli d'agressions nocturnes. Je traversai la salle des pas perdus à vive allure, je n'eus même pas le temps d'apercevoir la vieille dame qui y trainait, elle n'avait plus tout de sa tête et était persuadée d'être dans son salon, de temps à autres, elle frappait les passant avec son sac en les traitants de malotrus ou de voleurs. Cette vieille dame me faisait penser à ma grand-mère paternel qui elle aussi perdais la carte au point de ne plus reconnaitre personne. La plupart des gens la montraient du doigt en rigolant, chaque fois que je la voyais, la peine m'envahissait et je me disais que vieillir était la pire des choses au monde. Alors que j'arrivai dans le hall d'entrée, une voix rugueuse m'interpella. Je voulus accélérer la cadence mais une main agrippa avec force mon bras, je fus contrains de m'arrêter, je me retournai lentement. Je fus surpris de tomber nez à nez avec une femme, elle avait de court cheveux blonds platines tout emmêlés, le bord de ses yeux étaient barbouillés de noir. Elle toussa. " T'aurais pas une clope ? " Ses cornées rougis et le vieux parqua au col troué qui mettait sa maigreur en valeur me firent pitié, je sortis mon paquet de cigarette de la poche de mon blouson et l'ouvris, il n'en restait plus qu'une. Je lui tendis." Je te revaudrai ça " dit-elle de sa voix cassée. Je lui souris. Sans même un merci, elle était allé s'assoir contre une colonne. Les couvertures qui étaient disposées autour d'elle me les lancèrent penser que c'est là qu'elle passerait la nuit, je restai encore quelques secondes à l'observer puis me remis en route. J'ignorais que cette malheureuse dernière cigarette sacrifiée à une sdf allait être le point de départ de la relation amoureuse la plus intense de ma vie.

Deux jours plus tard, dans un de ces cafés clandestins où groupe les groupes aux paroles engagées se produisaient. Hélas, ma mémoire me fait défaut, je ne parviens pas à me souvenir du nom de ce café et du groupe qui était sur scène ce soir là. Till et moi étions dans le public, je crois que ce dernier connaissait vaguement le bassiste du groupe. La salle de concert improvisée était pleine à craquer, nous étions tous entassé les un sur les autres, serré comme des sardines. Il faisait une chaleur étouffante, respirer était devenu difficile. La foule me terrorise depuis toujours, je sentais l'angoisse prendre le pas quand Till qui lui aussi souffrait d'une légère agoraphobie me proposa de sortir fumer une cigarette, il n'eut pas à me le dire deux fois, je lui emboitai le pas. Nous extirper de la marée humaine de laquelle nous étions prisonniers ne fut pas une mince affaire, voyant que je m'en sortais pas, Till décida de prendre les choses en main pensant que sa carrure imposante lui faciliterait la tâche. Ce ne fus pas le cas, dix longues minutes nous furent nécessaire pour atteindre la sortie, une fois dehors, je poussai un ouf de soulagement. Till s'adossa contre le mur, sortit un paquet de cigarette et m'en offrit une. Nous fumions en regardant passer les gens surtout les jolies, c'était à l'époque notre passe temps favoris. Nous pouvions y passer des journées entières. A l'intérieur, ça chauffait aussi bien sur scène que dans le public, plusieurs bagarres éclatèrent. Le patron fit sortir les éléments perturbateurs et ordonna qu'on baisse le son, une plainte dans le voisinage aurait été un véritable drame pour cet homme. Si ces messieurs de la police venait à lui rendre visite, il aurait fini en taule et pourrait dire définitivement adieu à son établissement. En RDA, on ne plaisantait pas avec la loi. Un bon nombre de personnes assistaient à ces concerts plus pour le côté je brave l'interdis que pour la musique en elle même qui il faut bien le dire n'était pas d'une très bonne qualité. " Si j'avais su qu'il y aurait autant de monde, je serai pas venu " grommela Till. Il disait ça à chaque fois et pourtant, il continuait à sortir. " Ça m'aurait épargné une engueulade " ajouta mon vielle ami. Il était encore marié, c'était son premier mariage et pas le plus réussi. Les premiers mois avaient été idyllique, Marie Louise a vue le jour, leur relation s'est lentement dégradée, ce qui est malheureusement courant. Les tentions étaient omniprésentes, afin d'éviter les conflits. Till commença à sortir le soir le weekend uniquement, puis le lundi, le mardi et pour finir tous les jours de la semaine. Tout à coup, parmi les passants, je crus reconnaitre un visage qui ne m'était pas inconnu. La sdf. Elle entra dans le café, je ne la lâchai pas du regard. Till m'interpela à ce sujet : " Bah et alors ? T'en as repérée une ? " Je lui répondus non par un mouvement de la tête. " Non, c'est cette chanson, elle me dit quelque chose. T'as pas envie de t'en jeter un petit ? " Il soupira profondément. " Là dedans ? Plutôt crever ! Il se fait tard, je vais rentrer " Je lui souris par dépit. " Vas y, je vais rester encore peu. Fais gaffe à toi ! " Till me salua de la main d'un geste de la main, je le regardai s'éloigner pendant quelques secondes puis je rentrai à nouveau dans le café. Comme pour sortir, j'eus un mal de chien à me frayer un chemin parmi toutes ces personnes qui ne pensaient qu'à danser et à chanter. Pour atteindre le bar, il me fallut près de quinze minutes. Je commandai une vodka, le barman était débordé, il avait accumulé le retard, il me fallut prendre mon mal en patience avant de pouvoir me désaltérer. En me retournant afin de voir ce qu'il se passait sur scène, j'aperçus la sdf hilare au milieu d'une troupe de punk, cette fille était entourée de personnes qui lui ressemblaient, même habits, mêmes coiffures, ils avaient tous l'air si négligé. " Votre vodka " la voix du barman me sortit de mes pensées, je décolla mon regard de cette sdf et lui tournai le dos. J'avalai une gorgée, le liquide me brûla la gorge. Alors que j'étais sur le point d'avaler une autre gorgée d'alcool, des mains se posèrent sur mes hanches, je jetai un coup d'oeil par dessus mon épaule et je vis une tignasse blonde, ces mains appartenait à la sdf. Elle se décala légèrement sur la droite, je pivotai de trente degrés. Elle plongea sa main dans la poche de son pantalon, quelques jurons plus tard, elle en sortit une cigarette et l'agita devant mon nez non sans un certaine fierté. " Je t'avais dit que je te revaudrais ça ! Chose promise chose due " déclara-t-elle avec un malicieux qui illuminait son visage. " C'est bon, garde là ! " Ces yeux amusés s'assombrirent, ses sourcils se froncèrent. En refusant cette foutue cigarette, je l'avais offensé sans le vouloir. " Ne me vouvoies pas, j'ai horreur des vous et des règles de politesse à la con " s'écria-t-elle. Je trempai mes lèvres dans mon verre, elle me tendit à nouveau la cigarette. " Je rends à César ce qui appartient à César " son entêtement me paru bizarre, je me foutais de cette clope. " Je ne m'appelle pas César " mon humour la laissa de marbre, ses yeux me foudroyèrent. Sa main gauche agrippa la mienne, elle y déposa la cigarette. " Que tu t'appelles Paul, Pierre ou Jack, j'en ai rien à foutre " Ceci dit, elle tourna les talons avant de comprendre ce que j'étais entrain de faire, je lui saisissait le bras. " Quoi ! " aboya-t-elle. " Zven, c'est mon prénom " les expressions de sont visages se radoucirent, un sourire se dessina sur ses lèvres. " Moi, c'est Do ! " sa voix se fit moins agressive. Je retira ma main et lui rendis son bras, Do m'adressa un clin d'oeil puis me délaissa pour mieux allé rejoindre ses amis.

Plus tard dans la soirée, après avoir bu trois ou quatre verres, je décidai qu'il était temps de rentrer. Sur le chemin de retour, le besoin de nicotine se fit ressentir, je repensai immédiatement à la clope que Do m'avait si violemment rendu. Je la sortis de ma poche, le briquet dans une main, la fameuse cigarette dans l'autre, je contempla longuement cette dernière, j'hésitai à l'allumer. Le manque l'emporta. J'ai souvent regretté de l'avoir grillé, ce n'était pas une sèche comme les autres. Do roulait ses cigarettes tandis que moi, j'achetais des paquets tout droit venu des états-unis au marché noir. Son tabac était tellement plus dur, chaque bouffées vous faisaient l'effet d'une gorgée d'un alcool distillé maison. Quand j'y repense, cette cigarette était un avant gout de ce que serait ma relation avec cette femme au caractère bien trempé, brute, unique, surprenante, épuisante, douloureuse et parfois si délicieuse. Tout était si paradoxale entre nous, c'est qui a eu raison de nous. Et pourtant, tout portait à croire que c'était elle était mon âme s½ur à commencer par le destin qui s'acharnait inlassablement à la remettre sur ma route.
_____________________________________________________________________________________________________ Grand merci à mademoiselle Amber pour m'avoir généreusement fait don de cette sublime photographie. Si l'idée de me piquer mes photos et que je m'en aperçois, sache que tu devras faire face à mon courroux et mon mépris.
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# Posté le mercredi 13 janvier 2010 12:38

Modifié le mercredi 20 janvier 2010 12:54

Chapitre 1 : La première fois avec les yeux

Chapitre 1 : La première fois avec les yeux
Ses mains se décrochèrent du col de ma veste, dans un silence déstabilisant, Do se mit à tourner autour de mon corps à la manière d'un loup qui toise un étranger dans la meute. Je ne bougeai pas d'un centimètre pendant que ses yeux m'auscultaient. Après avoir faire quelques tours de ce drôle de manège, Do s'arrêta face à moi, le silence se brisa. " T'as changé quand même " Les années avaient passé mais sa mémoire n'avait pas oublié mes points sensibles, je lui souris histoire de lui laisser croire que cette petite méchanceté me laissait de marbre, bien sure, Do ne fut pas dupe. " Ta grossi " elle en remit une couche, tant que je ne réagirai pas, elle continuerait. " C'est la vieillesse, ça te fait combien ? " à l'extérieur, rien ne filtrait mais à l'intérieur elle jubilait tandis que je sentais monter en moi l'envie de lui rabattre son caquet. " Trente quatre " grommelai-je. " L'âge dans critique, tu vas bientôt voir apparaitre ta première ride " le sadisme et le ton moqueur qu'elle avait adopté me déplaisait profondément, je n'ai jamais su rire de ma personne, séquelles des nombreuses railleries dont j'avais été jadis la victime. Je ne pus m'empêcher de la foudroyer du regard pour son grand plaisir. " T'inquiètes pas pour tes petits kilos en trop, ils te vont très bien " son but, me provoquer. J'aurai voulu ne pas rentrer dans son jeu, hélas, mon foutu caractère ne résista pas à se faire entendre. " C'est du muscle " précisai-je passablement agacé. Je venais de perdre le match qui m'opposait à Do, un sourire vint éclairé le visage de cette dernière qui savourait pleinement sa victoire. Elle s'avança vers moi d'un pas qui ne me disait rien qui vaille, elle déboutonna ma veste sous mes yeux ahuris et glissa ses mains glacées sous mon t-shirt. Do palpa fermement mes hanches, mes joues virèrent au rouge écarlate. Do, cette véritable madame sans gêne me pelota au vue de tous comme si c'était une chose tout à fait banale. " Rougis pas comme ça, t'as l'habitude ! " je faillis lui faire remarquer que lorsqu'une fille me tâter de la sorte ce n'était pas en pleine rue, je préféra me taire. " Je retire ce que j'ai dit, c'est du muscle ! " s'exclama t-elle en enlevant ses mains de mon abdomen, je frissonnai en me rhabillant. " Ça caille ce soir, je vais pas tarder à rentrer " la simple idée de la laisser partir me paru impossible, pendant douze années, je n'avais pas eu une seule pensée pour la femme qui se trouvait en face de moi. Les quelques mots aussi banales soient ils que nous venions d'échanger avaient suffit à dépoussiérer les sentiments que j'éprouvais pour Do à l'époque où nous étions un couple. J'avais soudainement besoin de cette fille. Non pas une envie, mais un besoin viscéral presque vital. Il était hors de question que je la laisse m'abandonner à ma solitude sur ce trottoir, je ne pouvais pas prendre le risque de ne plus la revoir. Avant même que Do ait pu faire quoique ce soit, je lui proposai d'aller boire une verre quelque part. Après une longue hésitation, Do accepta. " On va où ? " Il était plus de deux heures matin, à cette heure là, les cafés ou bars berlinois étaient bondés or, je ne voulais pas être dérangé, je voulais Do pour moi seul. " Bah euh, on pourrait aller chez moi ? "

1989, octobre

Après nos retrouvailles nocturnes, il me fallut attendre un mois qui se fit aussi long qu'une année avant de retrouver Do. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de recroiser la route de cette nana pas comme les autres, tous les matins pendant presque trente jours, je faisais le tour des endroits où elle était susceptible de trainer, sans succès. J'en ai appris qu'il ne valait mieux laisser faire le destin que le forcer. Tout vient à point à qui s'est attendre, c'est au moment où je m'y attendais le moins qu'elle est réapparue. C'était précisément un sept octobre, ce jour là, les communistes purs et dures fêtaient dans la joie le quarantième anniversaire de la création de la R.D.A. La nuit tombée, les opposants aux régimes décidèrent de commémorer cette anniversaire en manifestant. J'avais passé la majeur partie de la soirée chez un couple d'ami avec qui je projetai de monter un groupe. Ils vivaient à l'autre de bout de Berlin est, aussi je les quittai vers vingt deux heures afin de ne pas rater la dernière rame de métro, comme d'habitude, je descendis à la station de Postdam. Quand je sortis de la bouche de métro, je tomba nez à nez avec une foule en colère. Traverser cette manifestation me donna des sueurs froides, l'idée de la contournée m'effleura seulement voilà si je voulais l'éviter, il me faudrait parcourt un kilomètre de plus et je ne m'en sentais pas le courage. Je fonçais tête baisser, marcher à contre sens au milieu d'une bonne centaine de personne n'est pas chose aisée, j'en voyais la fin lorsque la police décida de lancer l'assaut. C'était la cohue totale, les gens courraient dans tous les sens, tout à coup, j'ai senti une vive douleur au niveau de mon crâne, ma vision s'est troublée, mes jambes se sont dérobées sous mon poids et me suis écroulé sur le sol pour mieux me réveillé au commissariat. Lorsque mes paupières se soulevèrent, je fis pris de panique, autour de moi, la désolation. Je crus d'abord que je cauchemardai, puis au bout de quelques minutes la manifestation me revint à l'esprit. Nous étions une bonne cinquantaine entassé dans 40m², dans cette cellule régnait une odeur pestilentielle conjuguée à un brouhaha infernal qui raviva la douleur. Perdu, je tentai de me relever mais quelque chose me retint au sol. " Tiens la belle au bois dormant est réveillée " cette voix rugueuse me fit sursauter, je jetai péniblement un ½il par dessus mon épaule, le visage de Do m'apparut comme celui d'un ange. Sur sa joue droite, il y avait un hématome violet et du sans séché à la commissures de ses lèvres. " Ça va ? " demandai-je, ma voix laissa transparaitre mon inquiétude. " Ouais, t'en fais pas pour moi, j'ai connu pire. Comment tu te sens ? " le ton maternelle avec lequel elle venait de me questionner devait être une première pour Do, enfin je le crois, jamais plus je n'ai entendu cette parler avec pareille douceur. " J'ai une sale migraine sinon ça va plutôt pas mal " Do m'a souri d'un air légèrement amusé, l'espace d'un instant ce sourire atténua la douleur. " Tu m'étonnes que t'aie mal à la tête, avec le cratère que tu te payes le contraire serait surprenant " Le mot crâne m'effraya, je tâtai délicatement du bouts des phalanges mon crâne, lorsque je touchai mon os occipital, je ressentis comme un pincement, je poussai un gémissement de douleur et de désespoir. " Tu vas pas faire ta chochotte ! " dit-elle sur le ton de la moquerie. " Non, ça va " répondis-je sèchement, un tantinet vexé le fait qu'elle tourne mon malheur en ridicule. La compassion, ce n'était pas le genre de la maison. " Tu crois qu'on va rester en cabane longtemps ? " Do haussa les épaules, je soupirai. " Dis moi, gueule d'amour c'est quand même pas la première fois ? " je lui fis non de la tête, en effet, des gardes à vue, j'en avais déjà connus quelques unes, celle-ci serait la plus longue que toutes celles que j'avais effectué au par avant, mais ça, je l'ignorais encore. " Pourtant, t'as pas une tête à ça ! " s'exclama t-elle dubitative. " C'est pas parce que j'ai l'air d'un ange que j'en suis un " je lui racontai les nuits en cellule de dégrisement, les fêtes trop bruyante au gout des voisins qui finissent au cachot, les bagarres et toutes les autres péripéties qui me conduisirent pour quelques heures derrières les barreaux. Do m'écouta religieusement, sans jamais m'interrompre. Quand j'eus terminé, elle me fit à son tour par de ses expériences "carcérales" qui était beaucoup plus nombreuses que les miennes. Do rejetait toutes formes d'autorité, en particulier les flics. La simple vu d'un agent de quartier suffisait à lui donner des envies de meurtre, son petit plaisir les provoquer. A cause de sa haine policière, on a finit un bon nombre de soirée au commissariat. Afin d'être libéra avant la fin de notre garde à vue, nous avions une astuce qui consistait à jouer le couple tellement amoureux qu'il serait prêt à se grimper dessus en public, la mayonnaise ne prenait pas à chaque fois, certains flics nous foutait dehors avec un coup de pied au cul et d'autres plus intelligents, nous séparaient. Au bout de quarante huit heures de garde à vue, on me conduisit à l'infirmerie où un médecin débordé m'annonça que ma blessure nécessitait trois ou quatre point de sutures. Pendant mon absence, les filles furent envoyées dans une autre cellule, quand on m'y ramena et que je m'aperçus que Do n'y était plus, la tristesse m'envahit puis ce fut au tour du manque de frapper à ma porte. Elle me manqua au point que je ne puisse plus en fermer l'½il de la nuit, nous n'avions passé que deux jours ensemble mais ce court lapes de temps avait suffit à créer un lien entre elle et moi. Par un jour ne s'est écoulé sans que je pense à Do, quand je ne me demandai pas si l'hématome sur sa pommette s'était résorbé, je pensai à ma sortie, à sa sortie. Était-elle encore là ? La perspective qu'elle puisse déjà être dehors me glaçait le sang, si c'était le cas, comment allai-je faire pour la retrouver ? Toutes ces questions me rendirent encore plus malade que je ne l'étais. Le matin du onzième jours, un des gardiens me tira de mes songes et m'annonça que j'étais libre. Me sentant trop mal en point pour rentrer à pied, je demandai à me servir du téléphone, on m'y autorisa. J'eus droit à deux minutes pas une de plus pas une de moins, j'appelai Till. " C'est toi, mais où tu es ? Tu sais que Schneider et moi on te cherche depuis une semaine ? T'as intérêt à avoir une bonne excuse ! " hurla mon vieille ami chez qui ma disparation avait causé de vives inquiétudes. Je lui contai brièvement mes mésaventures et lui demandai de passer me chercher. " Je vais emprunter la caisse de Schneider et j'arrive "

Une fois passé le seuil du pote de police, je pris une profonde inspiration. " Enfin libre ! " dis-je a voix haute sans m'en rendre compte. " Libre ? Laisse moi rire " je sursautai et me retournai dans la direction d'où provenait la voix, Do était adossé au mur, mon c½ur s'emballa, en m'approchant d'elle, je remarquai qu'elle avait un joli coquard à l'½il droit. " Qui t'as fait ça ? " m'écriai-je, mes mains s'approchèrent de son visage mais elle les repoussa d'un geste du bras. " T'avise pas de me toucher " je baissai la tête comme un chien battu. " Je me suis pris la tête avec une pute qui voulait me piquer mes clopes " dit-elle tout en regagnant son calme. " Et ton crâne ? Comment il va ? " je trouvai ça plutôt mignon qu'elle prenne de mes nouvelles, quelque part, ça me rassurait, je me disais que malgré les vacheries qu'elle m'envoyait à la figure, Do m'appréciait. " Sinon qu'est-ce que tu vas faire maintenant que t'es libre ? " ses sourcils se froncèrent, je cherchai ce que j'avais pu dire d'aussi déplaisant. " Faux que t'arrêtes avec ta liberté ! On est tellement libre qu'on va se retrouver avec la stasi au cul ! " ses propos m'interpellèrent. " Ouais mon gars, toi et moi on est des anti-communistes " je pris conscience de l'injustice dont j'étais victime, je n'avais strictement rien à voir avec cette manifestation, tout ce que je voulais, c'était rentrer chez moi. " Merde " maugréai-je, Do se mit à ricaner, son rire avait quelque chose de cruelle. " C'est génial la R.D.A hein ! " La stasi, j'en avais entendu parler comme tout le monde, sans savoir ce que c'était exactement. Pour moi, c'était une espèce d'institution qui veillait que les règles du communismes soient respectées. Do m'ouvrit les yeux sur ce qu'était vraiment le ministère de la sécurité d'Etat. " Tu devrais pas rester ici, ils vont pas te lâcher ces pourris " Partir ? Pour aller où ? Retourner vivre à Schwerin, m'engueuler avec mon beau-père et m'ennuyer toujours plus ? C'était hors de question. " J'ai nulle part d'autre où aller ! " lui dis-je désemparé. Do me tapa sur l'épaule en guise de réconfort, puis elle approcha son visage de mon oreille et me confia qu'elle comptais quitter le pays, cette nouvelle me fit un mal de chien. " C'est le seul moyen de vivre libre " j'allais définitivement la perdre. " Si ça t'intéresse, j'ai une combine " ajouta t-elle. Une voiture vint interrompre notre conversation, je reconnu la vieille carlingue de Christoph au bruit de ferraille qu'elle émettait. Le moteur se coupa, une portière claqua. " C'est pour moi " dis-je juste avant que Till ne prononce mon prénom. " Mec, qu'est-ce que t'as à perdre ? " Do souleva une question importante, rien ne me retenait à Berlin si ce n'est mes amis. " Je sais pas " Till s'impatienta et répéta mon prénom pour la troisième fois d'afillée. " Réfléchis, mais fais vite. Peut-être que demain je serai déjà plus là, si jamais ça te tente rendez-vous demain à la gare " Elle déposa un baiser sur ma joue et s'éloigna, je me retournai et marché vers Till l'estomac noué,ce dernier manifestement content de moi me serra dans ses bras si fort que ma respiration fut coupée. " Du con, tu peux pas savoir comme je suis content de te voir, tu pourras te vanter de nous avoir foutu une sacré trouille ! " s'écria t-il en me libérant de son étreinte. " Et moi, je serai encore plus content quand j'aurai pu prendre une douche " c'est à ce moment que mon vieille ami découvris le sang séché sur mes vêtements. " T'es blessé ? " s'inquiète ce géant. " C'est pas grand chose, je me suis pris un coup sur le crâne, le doc a dit que dans quelques jours je pourrais me faire enlever les files " Till grimaça en signe de compassion, quand à moi, j'esquivai un sourire histoire de dédramatisée la situation. " On y va ? " proposai-je.

# Posté le dimanche 24 janvier 2010 11:16

Modifié le lundi 25 janvier 2010 18:44